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Un conte

Qui suis-je ?

Cherche qui tu es au-dedans de toi
jusqu’à ce qu’il n’y ai plus personne pour chercher.

Ramana Maharshi


Il n’y avait rien.

Cependant, rien recelait une puissance,
une énergie incommensurable et invisible,
immobile, potentielle, non manifestée.


Dans ce rien plein d’énergie potentielle, un grumeau se forme peu à peu, de la dimension d’un atome, mais condensant une énergie colossale, bien qu’insignifiante par rapport à la totalité de l’inconcevable l’énergie dormante dans le Rien.
Soudain, dans une lumière et une chaleur telles qu’elles sont inconcevables pour notre tout petit mental, le petit grain d’énergie explose et expanse à très grande vitesse, créant l’espace et le temps en une infime fraction de seconde, ainsi que les premières particules capables de se combiner entre elles. En se refroidissant, cette soupe primordiale, obéissant à de mystérieuses lois, s’organise en nuages de particules qui deviennent des étoiles, lesquelles s’organisent en galaxies comportant chacune plusieurs centaines de milliards de soleils.
Les galaxies s’influencent malgré des distances énormes et se regroupent en amas de galaxie, puis en super amas… De nombreux et variés ’objets célestes apparaissent partout et simultanément dans l’univers qui vient de naître.
Englobant ce feux d’artifice cosmique tout en planant dedans, il y avait (nos pauvres mots sont incapables de le nommer) sans nom ni forme, « quelque chose » ni immobile ni en mouvement, comme une sorte de témoin jubilatoire et pourtant totalement neutre, de cette fête d’énergie créatrice. Cette entité, UNE et indivisible constituée selon nos concepts séparateurs d’Amour infini, d’Intelligence infinie, de Conscience et de Bonheur absolus, exprimait son êtreté par une sorte de JE… JE… JE…
Cette entité étrange eu l’idée d’autre chose… et la Vie apparu.
Portée par le fantastique pouvoir créateur de l’Univers, la vie inventa des centaines de milliers d’espèces de bactéries, de plancton, de crustacés, de poissons et animaux marins ; des centaines de milliers d’espèces d’insectes, d’araignées, de papillons, des centaines de milliers d’espèces de plantes, de fleurs, de brins d’herbe, de reptiles et d’animaux de toute sorte. Toutes résonnaient en écho à JE… JE… JE… en clamant par leur état de vivant JE SUIS... JE SUIS… JE SUIS…Toutes ces formes vivantes utilisaient, chacune à leur manière, d’infimes quantités de Conscience, pâles reflets empreintés à la Conscience-Être absolue, le seul sujet qui exprime depuis toujours JE… JE… JE…
La Vie en se développant, inventa des fonctions pour pallier aux nécessités imposées par les conditions de vie. La Vie inventa la fonction respiration pour échanger avec le milieu, la fonction digestive pour échanger avec le milieu, la fonction excrétoire pour gérer les conséquences des deux autres, la fonction locomotrice pour se déplacer et explorer, la fonction pensée, pour veiller à la sécurité de l’ensemble vivant, la fonction circulatoire pour distribuer la vie dans les organismes vivants, et bien d’autres encore.
Un jour la Vie réunit toutes ces fonctions et leur dit, « amusez-vous ensemble »
Reflétant l’Amour infini qui les avait réunies, elles se mélangèrent, s’interpénétrèrent, firent l’amour avec amour, totalement solidaires les unes des autres, fonctionnant en merveilleuse harmonie… Il en résulta un corps qui ressemblait au nôtre.
Il y eu une discussion : les fonctions se rendaient compte que pour gérer une telle merveille si complexe, il fallait un chef, un organisateur qui pourvoirait au bon fonctionnement de l’ensemble.
- C’est moi le chef dit la fonction circulatoire, car je distribue le sang partout et sans moi, vous ne seriez plus vivantes.
- Non c’est moi le chef dit la fonction respiration car sans moi, ton sang ne vaudrait rien et aucune de vous ne peut vivre longtemps sans que je respire pour elle.
- C’est moi qui doit être le chef, dit la fonction pensée, car si je ne veillais pas à prévoir et inventer pour assurer votre sécurité, vous seriez vite victimes des prédateurs ou des intempéries…
- Hé ! dit la fonction digestive, si je ne transformais pas les aliments pour les digérer, vous mourriez tous de faim, donc c’est à moi que doit revenir le commandement.
- Et si je n’éliminais pas tous vos déchets de fonctionnement, dit la fonction excrétoire, vous seriez vite étouffés par la merde et la pisse. C’est donc moi qui doit être le chef !
- Vous me faites rire, dit la fonction reproduction. Vous êtes toutes à mon service, car c’est de moi que dépend la pérénité de l’espèce, c’est moi qui vous attire principalement vers le sexe complémentaire, c’est grâce à moi que vous faites et élevez des bébés qui vous remplaceront un jour. C’est moi le chef, car aucune de vous ne peut résister à ma puissance impérieuse, à la sexualité.
- Et moi, dit la fonction locomotrice, et moi, et moi… dirent d’autres fonctions.
La discussion n’aboutissait pas et toutes avaient des arguments sérieux. Alors, elles décidèrent de tirer au sort laquelle serait le chef. Ce fut la pensée qui fut désignée gagnante par le sort, la fonction cognitive.
Durant la discussion, chaque fonction avait revendiqué fortement sa vocation à diriger l’ensemble, oubliant par la même occasion la nécessaire et inévitable interdépendance de toutes les fonctions. La fonction pensée, nommée chef par le sort, se senti contrainte de se rétrécir et de se raidir dans un « moi, moi, moi » pour s’imposer et garder sa place de chef. Elle ne se rendit pas compte qu’elle créait ainsi un monde artificiel et étriqué, le sien, qui se polarisait sur lui-même en niant les autres fonctions et leur inévitable solidarité ou interdépendance, en niant le reste du monde en quelque sorte. Il n’y a que MOI qui compte, pensait-elle. La pensée « MOI » s’était ainsi condamnée à dépenser une grande part de son énergie pour assurer sa pérénité dans son rôle de pseudo-chef, alors que sans les autres fonctions, elle ne serait rien. La fonction « MOI » se croyait autonome, elle se prenait pour une personne, pour quelqu’un !
JE… JE… JE… contemplait le spectacle sans intervenir, sans être affecté par ces grincements et rétrécissements, toujours dans une Paix ineffable, amusé pourtant par cette grinçante et fausse comédie. Heureusement, le sommeil profond interrompait régulièrement ces divagations décalées du réel : La fonction cognitive, le Moi, dévolu à veiller à la sécurité du corps et à sa survie, se prend pour un JE…! Pourtant, chaque nuit, au sein du sommeil profond au-delà du rêve, le moi disparaît et avec lui le monde auquel il s'efforce de nous faire croire.
De temps en temps, JE… JE… JE… pour rire un peu, invite « moi » à découvrir QUI il est. Avec bonne volonté et parfois aussi avec distraction, « moi » cherche intensément QUI il est censé être. Mais malgré tous ses efforts; il ne trouve en lui aucun être, aucune personne… évidemment puisqu’il n’y en a pas ! Persévérant dans cette quête en traversant le rire et la peine, ne trouvant aucune réponse évidente, peu à peu un renoncement se produit ; capitulant, le moi se désintéresse de l’idée de se prendre pour quelqu’un, pour un sujet. Dès lors une paix profonde s’installe dans toutes les fonctions, par laquelle JE… JE… JE…, le seul sujet, la véritable identité, est laissé libre d’ÊTRE en toute simplicité, et de s’exprimer en elles et à travers elles.



Conte inspiré par le
Séminaire Intensif de Méditation vers l’état d’éveil
du 28 octobre au premier novembre 2011 près de Meaux.
Copyright René Sidelsky novembre 2011

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